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Jeudi 31 mars 2005 4 31 /03 /2005 00:00

Pourquoi moi ? Se demanda le chat tandis qu'il volait dans les airs ?

Il retomba comme un paquet, le poil en vrac, sur le dessus d'une voiture bleue, laissant derrière lui, un miaulement effrayé.

La femme se pencha au dessus du balcon.

Oui, le chat était bien mort, la flaque de sang sur le toit de la voiture était là pour le confirmer.

" Bon ! Tu vois Bernie ! J'avais raison, comme toujours ! On peut se tuer du troisième étage..."

" Mais t'es dingue ! "

" Je t'ai dit que j'allais me tuer en me jetant par la fenêtre, tu m'as pas cru ! "

" Mais c'est le chat que tu viens de tuer ! "

" C'est pour te prouver que c'est possible...T'as dit que c'était pas assez haut ! "

" C'était, histoire de te répondre...Que voulais- tu que je te dise ! Tu voulais que je te dise, vas-y ma vieille, saute ! " Il lui hurla dessus. Elle sentais son haleine avinée, mélangée à une vague odeur de cigarette.

" Ben...Tu ne prends jamais au sérieux, alors..."

" Alors, tu jettes le chat...Logique ! "

" T'as raison, c'est pas logique, pauvre bête...Je vais aller le ramasser, discrètement..."

" Les voisins vont être contents, leur bagnole toute neuve ! Quelle gourde tu fais ! "

" Tiens, Bernie, viens voir ! On dirait qu'il bouge encore..."

" Hein ? Pas possible, du troisième étage, et il bouge ! T'es sùre ? " Il se pencha dangereusement pour vérifier.


En basculant, il se demanda pourquoi moi, tandis qu'il volait dans les airs.

Il retomba comme un paquet, sur le poil en vrac du chat, sur le dessus de la voiture bleue, laissant derrière lui, un miaulement effrayé...

 

la photo :Pollock est de Olivier Meunier distribuée sous
Licence Creative Commons Site : neokraft.net
Par ISABELLE BOUVIER - Publié dans : nouvelles
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Vendredi 8 avril 2005 5 08 /04 /2005 00:00

Trahison

 

J'aimais quand il me tapait dessus. Cela durait seulement quelques minutes ou au contraire de longues heures, surtout la nuit. Il soupirait, soufflait comme s'il souffrait pour moi et il recommençait : Tape, tape, tape.

A d'autres moments, il se plantait devant moi, et de loin, il me menaçait en brandissant son poing : " Je vais y arriver, tu vas voir ! " Que pouvais-je dire ? J'attendais de voir.

Le soir, nous étions installés face à face, il me scrutait, son menton reposant sur sa main gauche, puis recrachant une bouffée de cigarette, il me disait " Bien sûr ! C'est ça ! " Je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire mais lorsqu' il reprenait la frappe, là, tout devenait lumineux.

De mot en mot, de phrases en phrases, nous avons tout partagé, ses pensées les plus secrètes, les inavouables, celles dont il avait honte. Un jour enfin, il a écrit le livre, avec un grand L. J'étais fière de lui, de moi aussi : Ne l'avais-je pas aidé à créer cette histoire ? A en tisser la trame tortueuse ?

Un de ses amis nous prit en photo ensemble, il posa sa main sur mes touches tendrement, sourit. C'était quelques temps avant son succès, nous étions ensemble, unis, il savait ce qu'il me devait.

Et il est arrivé, l'intrus. Un ordinateur portable, au clavier silencieux, à la mémoire d'éléphant, et je fus placée sur le haut d'un vieux bureau, en décoration.

J'observais leur petit manège, de loin : IL tapait et cette stupide machine ronronnait. Au début, il passa des heures devant l'écran à le tripoter, sans ardeur, et bizarrement, avec le temps, il ne toucha plus au clavier, il fixait l'écran, le regard éperdu devant l'image blanche. Il avait perdu la passion, l'inspiration, il ne ressentait plus qu'un grand vide.

Parfois il se retournait vers moi, me lançait un coup d'œil, perplexe. Ah ! si j'avais pu lui faire un signe, lui faire comprendre que j'étais toujours là pour lui, qu'il n'avait qu'à me reprendre auprès de lui et que je lui offrirai tous ces mots qui lui faisaient cruellement défaut ! Mais pauvre fou ! Il ne comprenait pas que sa force, sa créativité, il la puisait en moi ; j'étais sa muse, la source de son écriture.

Il trouva alors une nouvelle compagne, un belle bouteille de scotch. De jour en jour, il passa plus de temps à la caresser qu'à toucher son clavier. Et rien ne vint, pas une ligne, pas un mot. Il se mit à parler tout haut à son ordinateur. Insultes, pleurs, cris de rage, rien n'y fit, IL ne réussissait plus à écrire. j'assistais impuissante à sa descente aux enfers, les affres de l'écran blanc, le silence de son âme…

Jeudi, il pleut. Il a jeté la machine inutile par la fenêtre puis est resté prostré des heures, à la main : son unique livre publié. Soudain sans raison apparente, il a levé son visage vers moi, m'a regardé affectueusement et m'a dit : " Tu te souviens ? On a bien travaillé ensemble, hein ? Regarde ce que je suis devenu ! Une loque, incapable de pondre une seule ligne cohérente…" Il s'est relevé, s'est dirigé vers moi, si j'avais pu j'aurai crié de joie. Il s'est saisi de moi, je sentis ses mains que je connaissais si bien, il marcha dans la pièce, hésitant entre la table et la fenêtre, écrire ou mourir ? Il me précipita dans le vide sans un mot. Je suis à présent répandue sur le trottoir, mes rouages emmêlés dans les restes de l'ordinateur portable à me demander pourquoi il ne nous a pas donné une dernière chance.

 

 

Par ISABELLE BOUVIER - Publié dans : nouvelles
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Vendredi 29 avril 2005 5 29 /04 /2005 00:00

Le meilleur tonneau

 

 

Il était beaucoup plus grand que je ne me l’étais imaginé, plus grand et plus jeune. Cet homme hirsute me donna une poignée de main franche, maculée de couleurs ; j’avais interrompu le peintre en plein travail.

Mon imperméable dégoulinait, j’avais l’air minable mais j’étais heureux d’être le premier à pénétrer le mystère de Bill Cakes. Mon magazine m’avait dépêché sur place pour écrire un papier sur cet artiste qui n’avait jamais jusqu’à ce jour accordé d’interview. Les seules informations qui avaient filtré sur Cakes, provenaient de son agent, probablement orchestrées par Cakes lui-même.

Dés mon entrée dans son atelier, je fus saisi par les relents de peinture, de térébenthine et de bière… Canettes de bière amoncelées près d’un gigantesque chevalet au centre de la pièce.

Bill déambula au milieu de celle-ci, évitant les tubes de peinture qui jonchaient le sol, les bidons d’essence, et les pots où des pinceaux trempaient probablement depuis des mois. Il se retourna vers moi :

 

Sacré bordel, hein ? C’est ça les artistes, nous sommes dans un autre monde… L’ordre n’existe que dans nos têtes, sauf exception, il pointa du doigt les canettes en me souriant.

 

Il reprit sérieux :

 

Je vous laisse vous imprégner des lieux. Cet atelier me ressemble tellement que ça nous fera gagner du temps sur certaines questions, enfin j’espère… 

 

J’entendais l’orage faire des siennes ; par la baie vitrée les éclairs bleutés envahissaient l’atelier qui faisait une soixantaine de mètres carrés. Les murs étaient barbouillés de couleurs à certains endroits, à d’autres, des toiles de Cakes étaient accrochées. Au fond de la salle, un grand drap blanc était suspendu sur une corde traversant la pièce en largeur. Enfin, au centre, le chevalet et une toile en train de prendre vie.

Le peintre s’était assis sur un tabouret face à son tableau, immobile et concentré, mâchouillant un pinceau mouillé de rouge intense. Je furetais tout en prenant des notes, et remarquais sur une table à dessin, des esquisses et des études de très belle facture. Sur les étagères, s’entremêlaient palettes, brosses, couteaux, godets, bref, tout le nécessaire de l’artiste en pleine création. L’ordre n’était pas son fort, pourtant dans son œuvre tout était si maîtrisé : Sa façon d’orchestrer les couleurs, les tons francs, la distribution des lumières, la répartition des volumes, sa manière si brutale d’accuser les traits. Mais par-dessus tout, Cakes, c’était le sens qui émanait de chacune de ses toiles. Ces dernières années, Bill Cakes avait atteint le sommet de son art ( tous les critiques s’accordaient sur ce point ) alors que cinq ans auparavant il n’était encore qu’un inconnu. Il travaillait depuis ses débuts avec des modèles, et avec un seul et unique sujet depuis cinq ans, un homme dont on ne savait rien, même pas son nom. Avec lui, Bill Cakes avait mélangé le figuratif et l’abstrait, et osait même jusqu’à faire de sa peinture abstraite, le figuratif qu’aucun n’avait réussi à saisir dans une toile, en peignant l’essence même de son modèle.

Pour l’essentiel, ces notions de Bill me venaient de mes lectures des critiques et des visites dans les galeries où il exposait. J’étais là aujourd’hui pour me faire ma propre opinion en confrontant ces théories avec les réponses de l’artiste.

Quand il me présenta sa dernière œuvre, je restai silencieux, étudiant chaque couche épaisse de bleu, de rouge, les traits furieux de noirs qui zébraient la toile et surtout l’homme représenté au milieu de ces enchevêtrements.

 

Vous voulez une bière ? me demanda-t-il.

 

 

Pourquoi pas ! dis-je en m’approchant de lui.

 

Il me tendit une canette, puis tournant autour de moi, il me dit :

 

Vous n’avez jamais pensé poser ? Il me détaillait de la tête aux pieds, vous avez un physique pas banal, aérien, altér酠

 

Mal à l’aise devant son regard qui soupesait ma valeur picturale, je lui répondis :

 

Moi ? Non, j’avoue que cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Je préfère en rester à dépeindre mes contemporains dans mes articles, c’est plus prudent que de me découvrir sur une toile.

 

 

Plus prudent, oui sûrement… 

 

 

Voulez-vous que l’on commence cette interview ? dis-je en m’écartant de lui.

 

 

Oui, je suppose qu’il faut, il tripota son pinceau nerveusement, je peux peindre en même temps ?

 

 

Sans problème. Pourquoi avoir accepté cette entrevue après des années de silence ?

 

 

Marre de lire des conneries sur mon compte. Fallait remettre les pendules à l’heure, il est plus que temps… 

 

 

Mais je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui ? Mon journal vous a relancé plusieurs fois et vous n’avez jamais accepté d’interview, ni de mon journal, ni d’aucun autre d’ailleurs…

 

 

Et alors ? C’est mon droit, non ? Je déteste parler de moi, mes peintures se vendaient sans interview, pourquoi aurai-je parlé ?

 

 

Pour expliquer votre art, vos motivations…

 

 

Mon art ne s’explique pas, il se ressent !

 

 

Oui, mais alors pourquoi suis-je ici ?

 

 

Pour me libérer, me sauver peut-être… Quelque chose a changé, aujourd’hui j’ai besoin de parler. Mon art devient trop lourd à porter seul.

 

 

Et qui vous dit que mon article répondra à vos attentes ? dis-je effrontément.

 

 

Ce sera le cas, croyez-moi… La vérité va vous permettre d’écrire un article sur moi digne de ce nom !

 

 

Quelle vérité ? demandai-je intrigué.

 

 

Ma vérité ! La vérité de mon art, celle que je vais vous offrir gracieusement sur un plateau ! Santé ! et il leva sa canette dans ma direction.

 

Brusquement, il posa sa bière sur le sol, fonça vers le fonds de la pièce, écarta brusquement le drap, me révélant ce qu’il dissimulait :

Un homme, un modèle, a demi allongé sur un tonneau ou une barrique en bois, je ne saurai dire, la lumière avait baissé à cause de l’orage dehors… Son corps épousait la courbure du tonneau dans une attitude protectrice, son bras droit recouvrait son visage le dissimulant à mon regard, et sa main enserrait l’arrière de son crâne…

La mise en scène me dérangea, je la trouvai macabre : Etait-ce la faible luminosité, la pose du modèle ou ce drap de satin rouge qui enveloppait le bassin de l’homme ? Que dire ? Cette scène était étrange, voilà tout.

Le peintre revint vers son chevalet et soupira :

 

J’aimerai tant en finir avec cette toile ! La regarder me fatigue, m’épuise, me tue… 

 

Il parut véritablement abattu par cette vision, et je lui rétorquai :

 

Pourquoi vouloir la peindre dans ce cas ?

 

 

Je ne peux m’en empêcher.

 

 

Bonjour ! lançai-je à l’adresse du modèle.

 

 

Il doit rester silencieux, pour garder la pose.

 

 

Est-ce votre modèle fétiche ?

 

 

Oui. Je travaille avec lui depuis cinq ans. C’est long cinq ans et cependant, je ne me lasse pas de le peindre, je suis comme fasciné par la perfection qui se dégage de lui, de son immuable nature.

 

Les artistes sont tous dingues par définition, et c’est leur fonction sociale que d’essaimer un peu de folie sur le monde réel dont moi, pauvre journaliste, je fais partie, néanmoins je me mis à penser que Bill était plus fou que dingue. Ce n’est pas très clair tel que je le dis, mais mon corps eut cette sensation glacée que l’artiste auprès de moi avait basculé dans cet autre chose dont personne ne revient.

 

Il n’a pas froid dans cette tenue ? dis-je pour plaisanter.

 

 

Jamais !

 

Il balayait sa toile de manière saccadée, avec du jaune, puis du noir, aplatissant les couches à coups de couteau furieux.

 

Je peux m’approcher ? J’aimerais étudier de plus près sa pose…

 

 

Restez ici ! m’ordonna Cakes, vous êtes très bien là où vous êtes !

 

 

Comme vous voulez… Cet homme est votre muse en quelque sorte ?

 

 

Oui, mon inspiration vient de lui. Il est mon idéal. Voulez-vous poser à côté de lui ?

 

 

Non, je risquerai de dénaturer votre œuvre, dis-je mal à l’aise sans savoir pourquoi.

 

Je bus la fin de ma bière, ma gorge serrée, secouée par un battement fort et régulier : bada baboum… bada baboum… bada baboum… qui s’accélérait peu à peu.

 

Dénaturer ? Je ne crois pas… Je trouve au contraire que vous auriez un effet contrastant : Le mouvement, la chaleur, la vie qui s’écoule vers… 

 

 

Votre modèle n’a-t-il pas besoin d’une pause ?

 

 

Non.

 

 

Qui est-il ?

 

 

Un S.D.F, dit-il tandis que je prenais des notes sur mon carnet.

 

 

Où vous êtes-vous rencontrés ?

 

 

Dans la rue. Il vivait dans un tonneau près du parc central. J’ai toujours bien payé mes modèles, il a été séduit par l’argent, au début du moins. Les clochards aiment laisser une trace d’eux sur cette terre. Une trace picturale, c’est encore mieux. Devenir une œuvre d’art, recommencer à exister parmi les hommes. Dans son tonneau, Victor n’avait plus droit à un regard de ses contemporains, et regardez-le maintenant ! Le même tonneau, le même Victor, sur une toile : Il est l’œuvre à lui tout seul ! C’est ce qui l’a poussé à continuer, à aller plus loin dans mon art… 

 

 

L’idée est touchante, redonner du sens à l’humain, c’est ça ?

 

 

Vous parlez si bien monsieur le journaliste !

 

Son regard me pénétrait, il inspira profondément, aspirant une partie de mon âme, la tirant vers le fond ; mais vers le fond de quoi ? Je reculais légèrement pour reprendre ce souffle qu’il m’avait volé durant quelques secondes.

Voulez-vous poser pour moi ? Voulez-vous poser pour moi ?

Je m’éloignai, chancelai, j’entendis un tube de couleur s’écraser sous ma chaussure.

 

Victor s’est attaché à cette place que je lui ai donnée, au point qu’il ne la quittera plus… 

 

 

Que voulez-vous dire ?

 

 

Avec la première toile de Victor, est venu le succès. Je me suis mis à peindre Victor le jour, la nuit, sans discontinuer, encore et encore, et j’ai commencé à exister aux yeux des autres. Mon art prenait du sens, j’avais un sens, et Victor faisait partie de cette alliance magique. Il était cette magie ! Et puis, il est mort, là, au milieu de l’atelier, en pleine pose il y a deux ans… Il se retourna et me fixa, j’étais figé de stupeur :

 

 

Mort !

 

 

Thanatopraxie !

 

Ses yeux rayonnaient tandis qu’il contemplait le modèle.

 

Quoi ? 

 

 

Je l’ai embaumé.

 

Il souriait à présent.

 

Embau…mé ? Pourquoi ?

 

Scellés au sol, mes pieds refusaient de bouger, pourtant je n’avais qu’une envie, celle de déguerpir !

 

Pour qu’il reste avec moi ! s’emporta-t-il soudain, je ne peux plus me passer de lui, sans lui, je ne suis plus rien ! Mon art n’est plus rien, vous comprenez ? Il s’approcha du corps, effleurant la peau sans vie. Personne n’aurait réclamé son corps, il était seul, alors je l’ai préparé à ma façon, enduit de résine, et j’ai composé cette œuvre… Je conserve son corps dans cet état de grâce, il est magnifique pour l’éternité, comme mes peintures… 

 

Voulez-vous poser pour moi ? Voulez-vous poser pour moi ?

 

Mais regardez-le, regardez-le ! Vous ne voyez donc pas ?  

 

Cakes poussa le baril dans ma direction, le cadavre y était accroché comme un naufragé, et le tonneau commença à rouler, à glisser, vers moi.

Voulez-vous poser… 

Je me suis rué vers la porte, poursuivi par le roulement du tonneau, et à l’heure qu’il est, enfermé dans mon bureau, avec cette canette de bière que Bill Cakes m’a offerte, encore serrée dans une main, et mon stylo dans l’autre, je vous écris pour vous dire que j’entends encore le tonneau qui roule vers moi…

 

tous droits reserves isabelle bouvier ( celui qui copie un de mes textes , je lui démonte la tête ! )

Par BOUVIER - Publié dans : nouvelles
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