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et si vous êtes satisfait, pas content, ou que vous n'avez rien d'autre à faire de vos dix doigts, laissez un commentaire !

et encore mieux si vous êtes admiratif devant un tel deluge de talent, mettez mon blog en favori ainsi vous reviendrez me rendre visite, afin d'être encore plus content et plus admiratif...

bye !

Vendredi 17 juin 2005

 

Je vous transmet le message de loïc qui souhaite établir un record du monde, j'espère que ceux qui passeron par mon modeste blog lui feront ce plaisir, juste quelques mots à griffoner sur la carte et un timbre, soit 1 minute de votre vie...

merci pour lui ! et n'oubliez pas de transmettre son souhait à vos amis pour que sa boite soit remplie de cartes postales !

 

Péry (Jura bernois), le 07.06.2005


Bonjour,

Je m'appelle Loïc, j'ai 14 ans bientôt et je fais appel à votre soutien,
car j'aimerais établir un record qui pourrait être homologué
dans le Guinness Book des Records:

j'aimerais recevoir le plus de cartes postales possible
et cela du monde entier.

Pour cela, il vous suffit de m'écrire à l'adresse suivante:
 
 
Loïc Bregnard
Vergeret 7
2603 Péry   
Suisse

et d'ajouter sur la carte la date et la mention
«Pour le record du monde».

Merci de m'aider, car par cette action,
je désire également attirer l'attention sur la recherche
pour le cancer des enfants et en particulier
sur celui dont je suis atteint,
une tumeur cérébrale maligne du nom de médulloblastome.

Ne tardez pas, saisissez votre crayon et écrivez-moi de suite.

MILLE MERCI.

Loïc
Par BOUVIER - Publié dans : infos
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Lundi 30 mai 2005

EPISODE 7

Je la vis arriver de loin, en fait, je la guettais depuis un quart d'heure assis sur les marches devant la maison de papy. Elle portait un pantalon noir, un pull noir et des chaussures noires, bref, une tenue très gaie.

Dés qu’elle fut assise à mes côtés, je la submergeai de questions. Habituée, elle tenta de répondre à chacune d’elles.

- Pourquoi êtes-vous vêtue de noir aujourd’hui?

- J’ai mes périodes sombres comme tout le monde. Cela ne vous arrive jamais de choisir des vêtements en harmonie avec votre humeur ?

- Non jamais, mais j’attache peu d’importance à mes fringues ; quoiqu’il en soit vous devez être particulièrement déprimée aujourd’hui !

- Cela va déjà mieux… N’en parlons plus voulez-vous ?

- Comme vous voulez. Maria, je voudrai savoir : Pouvons-nous tomber malade ?

- Non, pas de maladie ici ! Pas de docteurs en exercice non plus, ni de pharmacie, cela ne vous manque pas au moins ?

Nous nous étions levés et cheminions côte à côte, nos mains se frôlaient. Les siennes étaient douces. Je sentais son parfum délicieux qui flottait autour d’elle.

- Non cela ne me manque pas. Et se blesser ?

- Non.

- Ah ! Bon…

Je jugeai cet état de choses insolite et enchaînai :

- Et si je prenais une hache et que je me coupais le pied, hein ?

- Mais pourquoi feriez-vous cela, c’est stupide !

- Pour voir… 

Stupide, ai-je pensé, je n’aurai jamais assez de courage pour tenter une expérience aussi douloureuse.

- Regardez !

Elle s’assit en tailleur, à même le sol et me fit signe de m’installer auprès d’elle. Elle fouilla dans sa veste et en sortit un petit couteau de poche, avec un manche en bois. Elle plaqua sa main sur le sol. Je la regardais sidéré, sans oser bouger. Sans prévenir, elle se trancha net le bout de l’index de la main gauche, sans crier, ni ciller. Epouvanté, je me dressai d’un bond, criant :

- Mais vous êtes dingue ! Elle est dingue ! En tournant sur moi-même sans savoir quoi faire.

Je cherchai fébrilement dans mes poches de quoi ramasser son bout de doigt mais… Celui-ci disparut comme par enchantement, sous mes yeux. Et aussi fou que cela puisse paraître, le bout de son index repoussa sur sa main aussi vite que l’autre morceau s’était évaporé. La seule et unique différence que je remarquai, c’est que la partie qui venait de se développer, ne portait pas de vernis à ongle contrairement aux autres doigts.

Maria rangea son couteau et se releva apparemment satisfaite de son effet. Elle balaya d’un geste vif une mèche de cheveux qui lui chatouillait la joue et reprit enjouée :

- Bon ! D’autres questions, Paul ?

- …

- Alors continuons notre ballade.

- Mais…

- Je me disais aussi ! Pas possible que ce cher Paul n’ait pas d’autres questions !

- Pourquoi avoir fait ça ?

- Pour vous montrer que nos corps qui semblent, comment dire... vivants, ne le sont pas, enfin plus comme avant.

- Des corps immortels en quelque sorte ?

- Si vous voulez... quoiqu’il en soit, je peux vous assurer que je n’ai ressenti aucune douleur lorsque j’ai sectionné mon doigt. Je trouve cela merveilleux, ne ressentir aucune douleur, aucune souffrance !

- Que les sensations agréables...

- Oui, nous n’allons pas nous plaindre tout de même ! elle me fit un clin d’œil.

- Pouvons-nous avoir des enfants ?  

- Nous ne nous connaissons pas depuis assez longtemps, mon cher !

Elle se mit à rire, j’étais mal à l’aise, évidemment là n’était pas le sens de ma question.

- Ne restez pas les bras ballants, je vous taquine ! Non, impossible d’avoir des enfants, nous sommes morts. Par contre, il y a des gosses ici…Ils ne restent que peu de temps, je me demande bien pourquoi…

- Peu de temps ?

- Oui. Quelques jours tout au plus, certains n’arrivent jamais jusqu’à la porte.

- C’est bizarre ! Je croyais que tout le monde débarquait ici. Mais où vont les enfants morts s’ils ne viennent pas ici ?

- Je l’ignore, Paul.

- Encore une question sans réponse !

Elle ne répondit pas, perdue dans ses pensées. Je lui demandai :

- Avez-vous eu des enfants, avant ?

- Non

- Pourquoi ?

- Vous posez trop de questions ! répliqua-t-elle sèchement. Je compris que j’avais posé une question de trop.

- Désol酠

- Changeons de sujet, je vous amène chez un ami, un fumeur de joint. 

- Oh !

- Oh ! répéta-t-elle moqueuse, je ne vous savais pas si coincé !

- Je ne le suis pas ! C’est juste que je ne pensais pas trouver ce genre de trucs ici. 

- Tout est possible, ou presque.

Elle accéléra le pas, je la suivais comme un gentil toutou, sans broncher. Elle a de l’ascendant sur moi, parce qu’elle est morte depuis plus longtemps que moi, ai-je décidé. C’est aussi parce qu’elle est une femme, et que j’ai toujours perdu mes moyens face à la gente féminine.

Nous nous arrêtâmes devant une sorte de cabane de bûcheron. Maria monta les quatre marches de bois et frappa à la porte. On entendit une voix traînante :

- Ouais, j’arrive… 

Il arriva doucement à en juger le temps de latence entre le moment où il termina sa phrase et le moment où il ouvrit.

- Trop cool ! Maria ! Waouh, sacré surprise ça fait un bail que t’es pas venue te ravitailler !

Sa paupière molle esquissa un clin d’œil.

- Salut ! Steph ! dit-elle en l’embrassant sur les deux joues.

Elle entra en me tirant comme du bois mort derrière elle. A l’intérieur, une étrange odeur flottait… Au bout de quelques minutes, la tête me tourna un peu, je demandai si je pouvais m’asseoir. Steph me désigna des poufs bariolés au centre de la pièce, près d’une table basse en teck.

J’entendais leurs voix qui se mélangeaient, lointaines, comme un bourdonnement d’insecte que l’on voudrait chasser de son conduit auditif. Soudain :

- Alors, ça va ? Trop cool ma cabane, hein ?

Sorti de ma torpeur par ce "  trop cool ! "  , je découvris le visage mince de Steph tandis que ses cheveux longs en désordre effleuraient le bout de mon nez. Je sursautai et dit :

- Sympa…

Mon manque d’enthousiasme le choqua, les mains sur les hanches, il interrogea Maria :

- C’est qui ce mec ? Il a pas l’air très cool… 

- C’est un nouveau, il s’appelle Paul. Je lui fais visiter le coin.

Maria me décocha un regard furieux.

- Vous faites quoi de beau ? ai-je dit essayant de rattraper le coup avec le fameux Steph.

- Un peu de tout… 

Il faut dire que cet hurluberlu n’y mettait pas du sien non plus !

- Oh !

- Steph fait de la poésie et s’intéresse vivement à la botanique !  

- J’ai cru comprendre… La nature, les plantes, l’herbe… 

- Vous y connaissez en botanique ? C’est trop cool !  

C’était simple avec Steph, la bonne phrase et voilà, une amitié était née pour la…, enfin était née !

- Très peu mais mon grand-père fait pousser des carottes dans son jardin. 

- Des carottes ? Pourquoi pas ! Pour ma part, j’étudie les plantes médicinales, et les substances contenues dans certaines fleurs…

Maria assise sur un pouf nous écoutait mais n’intervenait pas.

- Pourquoi étudier les vertus médicinales alors que nous ne pouvons plus être malades ? 

- Le pourquoi n’a pas d’importance ! Au début ce qui a été super cool, c’est de trouver comment !

- Comment ?

- Ben oui ! Comment vérifier mes théories sur les vertus curatives de certaines feuilles, fleurs ou même racines alors que je n’ai pas de malades sous la main. J’avoue que cette question m’a obsédé longtemps.

- Et ?

- Je ne me focalise plus sur cette question. L’important pour moi, ce n’est plus de trouver mais de chercher, cool, non ?

Je n’y comprenais rien ! Je ne voyais pas ce qu’il y avait de cool dans la démarche de ce type. J’en conclus que la seule expérience qu’il avait réussi était d’avoir atteint le record mondial de joints fumés à l’heure, le tout sans tomber raide !

Je répondis par politesse, et par peur d’avoir à continuer cette discussion stérile, que c’était effectivement le truc le plus cool que j’avais vu ou entendu. Steph ravi de ma réponse, me sourit découvrant ainsi ses canines pointues et nacrées. Il entama alors un long et dois-je dire, pénible monologue, lent, très lent. Engourdi sur mon pouf, je feignais d’écouter ses propos en tentant désespérément de soutenir son regard en écarquillant mes paupières qui s’alourdissaient de plus en plus.

- …Alors vous voyez, j’ai d’une part, fait énormément de recherches sur la question des plantes médicinales, les décoctions, les tisanes, les onguents, j’ai tout étudié. J’ai étayé mes recherches en construisant de mes mains, ( il les plaça sous mon nez comme pour prouver ses dires ) un jardin médiéval où je cultive mes plantes dont certaines très rares dans l’endroit d’où nous venons et… 

Je lui coupai la parole, histoire d’en placer une :

- Je suppose que c’est un monsieur du Berry qui vous a expliqué comment construire votre jardin, mon grand-père… 

- Mais non ! Vous n’y êtes pas du tout ! C’est monsieur Jeudi qui m’a donné cette idée et qui m’a orienté vers la documentation adéquate à la bibliothèque !

- Monsieur Jeudi ! Décidément, j’entends beaucoup parler de cet homme, il semble si timide, si lointain… 

- Jeudi ? Timide et lointain ! Sûrement pas ! Il est formidable, tellement chaleureux et compréhensif, j’adore ce mec, il est trop cool !

Steph avait l’air visiblement emballé par ce monsieur Jeudi. Pourtant lors de notre rencontre à la boutique, il m’avait paru secret et même mystérieux… A la pensée de ce portrait de moi qui était entre ses mains, je me mis à transpirer, à penser à la magie, au vaudou, que sais-je encore ? Après quelques instants de panique intérieure, mon esprit scientifique et courageux reprit le contrôle de mon imagination. Je pris la décision de rendre bientôt visite à cet homme qui détenait probablement des informations intéressantes.

- …Pour en revenir à mes recherches, vous n’allez pas le croire ! J’ai compulsé les données des différentes sociétés humaines, dans divers pays, sous des climats différents, et de tout temps, les hommes ont utilisé leur environnement pour se soigner ou même prévenir les maladies, incroyable, non ?

- Certes. ( Je ne suis pas un mec contrariant )

- Et donc voici quelques exemples… 

J’eus à cet instant, l’impression d’être retourné sur les bancs de la faculté de médecine où j’avais passé une année misérable à tenter de comprendre ce qui m’avait poussé à venir étudier cette discipline. Par la suite, j’avais changé d’idée et m’étais inscrit en lettres. Je suis finalement devenu journaliste, dans la presse écrite où j’ai passé quelques années à écouter les problèmes des autres, à relater leurs existences compliquées dans mes articles. Soit dit en passant, ma propre vie était tout aussi complexe mais je ne le criais pas à la Une tous les matins. Je ne sais toujours pas pourquoi mon existence était si embrouillée, et me voilà mort, une complication supplémentaire. ( je ne suis plus à ça prêt ! )

Steph continuait tandis que j’écoutais sagement assis en tailleur :

-…Les Indiens d’Amérique ont toujours utilisé l’Echinacea, qui est une fleur rose ressemblant vaguement à une marguerite. Cette fleur lutte contre les empoisonnements et les morsures de serpents mais dans nos sociétés modernes, nous utilisons cette plante pour ses propriétés anti-inflammatoires, c’est cool non ? Il existe aussi un champignon très intéressant, le Shiitaké, qui non seulement est un stimulant de l’immunité mais aussi un puissant antiviral. Je vous épargne la description des propriétés du persil, de l’ail, de l’olivier ou même de la mandarine…

Intérieurement, je poussais un soupir de soulagement, mais steph reprit de plus belle :

- Mais que dire de l’aubépine, de la passiflore aux pouvoirs apaisants, pour se sentir vraiment cool… 

Steph se délectait même du nom de ses plantes chéries et je craignis tout à coup qu’il nous proposa la visite guidée de son temple de la médecine des trépassés. Mais miracle ! Maria se redressa en annonçant que notre visite devait prendre fin. Une fois sortis de la cabane de Steph, je l’attrapai par le coude, la forçant à se retourner. Elle me regarda fixement, un sourire plaqué au coin des lèvres.

- Pourquoi m’avoir traîné chez ce type ?

- Il est cool, non ?

Je me raidis à ce mot :

- Je vous préviens que si j’entends encore ce mot, une fois, une seule fois, je me mets à hurler !

Maria sursauta :

- Mais il faut vous calmer ! Je vous ai présenté Steph parce que c’est un type gentil, intelligent, et qui, je le précise, ne passe pas uniquement son temps à poser des questions, si vous voyez ce que je veux dire…

- C’est stupide, il passe son temps à chercher des choses qui n’ont aucune utilité ici ! 

- Il est vrai, cher Paul, qu’en matière de recherches utiles, vous êtes beaucoup plus fort que lui !  

Elle me tourna le dos et prit le chemin du retour. Je n’avais jamais rien compris aux femmes, ni à la vie, et le plus absurde était que pour l’heure, je ne comprenais rien à une femme décédée depuis combien ? Elle refusa de répondre comme si cette question était grossière, comme si de son vivant je lui avais demandé son âge.

Maria avait un fichu caractère, je lui dit mauvais :

- Sûrement depuis longtemps, vu la tête de momie que vous avez ! je ricanai.

Elle rétorqua furieuse mais polie : 

- C’est que vous n’avez jamais rencontré de momie, mon cher !

Il est probable qu’à cet instant, Maria s’amusait à m’imaginer me triturant l’esprit en me demandant si elle avait réellement rencontré une momie. Je me tus, dépité, elle avait encore eu le dernier mot.

Tous droits reservés isabelle bouvier ( toute la vie et même aude-là ! )

Par BOUVIER - Publié dans : roman feuilleton
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Lundi 30 mai 2005

PETITE CLARA

Le matin, il fait toujours frais dans le square, surtout à l’ombre des mûriers. Bien sûr, on reste assis sur le banc, sous les arbres, pour ne pas avoir trop chaud. On regarde les enfants. Quelle énergie ! Est-ce qu’on était comme ça, avant ? Je ne m’en souviens plus, c’est tellement loin. Mon mari aime bien le parc. Il ne me laisse jamais y aller seule. J’aime mieux ça, on discute ensemble, on passe le temps. C’est comme ça quand on vieillit, on passe le temps.

Les employés de la mairie ont repeint les barrières, en blanc, c’est joli. Tiens, je me demande si la petite Clara va venir aujourd’hui. Elle est si mignonne ! Si vous saviez ! Trois ans, tout au plus. Des cheveux mi-longs châtains, de grands yeux bruns, des cils noirs et très longs. Elle nous regarde toujours gentiment, mon mari et moi. Elle a l’air un peu triste, un peu perdue. C’est normal, elle vit à la DASS. Georges en a le cœur brisé. Tous les jours quand on rentre du square, il a les larmes aux yeux. Il répète :

  • Si c’est pas malheureux, une brave petite comme ça, toute seule. Elle a l’air si triste… 

Elle porte souvent des jeans, un peu élimés aux genoux, et puis des tee-shirts qui lui vont trois fois trop grand. Pourtant, elle est mignonne. Si c’était ma petite-fille, je lui achèterai des robes à carreaux, avec des couleurs gaies, oui, des couleurs gaies, c’est ce qui lui manque. Mais elle n’est pas à moi cette petite, elle est à personne. Je me demande si j’ai le droit de lui offrir un petit quelque chose, une peluche ou un livre avec des histoires qui se terminent bien.

Elle courre comme un lapin ! Faut la voir ! Les autres la poursuivent dans tout le square, mais ils ne réussissent jamais à la rattraper. Je crois que Clara est habituée à fuir. L’autre jour, je l’ai même vu se cacher, elle est futée cette petite. Elle s’est dissimulée sous notre banc. Derrière ma jupe, personne ne pouvait la voir. Elle était essoufflée et puis soulagée, elle a poussé un gros soupir. Georges lui a donné discrètement une sucette au caramel. Elle a dit merci et est restée sous le banc à la déguster. Enfin, la surveillante du petit groupe d’enfants a sifflé, et tous les gamins se sont regroupés, pour rentrer à la maison. La maison. C’est le mot le plus important pour un enfant, après celui de maman et de papa.

Maison. Refuge. Abri.

Clara nous a fait un petit geste de la main, comme une caresse qu’elle nous envoyait dans les airs. J’ai senti cette caresse sur ma joue, j’ai failli pleurer.

Georges n’a pas eu de famille, enfin pas vraiment, il a été élevé par un cousin de son père. Il n’a jamais connu sa mère, sauf une vieille photo. Mon mari n’a pas eu une jeunesse très amusante, en ce temps là c’était monnaie courante, les enfants comptaient pour moins que rien. Georges a voulu des enfants immédiatement après notre mariage, on a eu trois garçons. Pour lui, il n’y a rien de plus important que la famille.

Voir Clara est devenu le but de notre promenade du matin. Elle vient nous parler maintenant. Elle s’est habituée à nous, peut-être à cause de la sucette sous le banc. Elle nous a parlé de ses parents avec ses mots d’enfant. Son histoire est un peu floue. En tous cas, elle est seule désormais. Elle se plaint rarement de l’endroit où elle vit. Elle a peu d’amis. Elle est méfiante avec les autres enfants, surtout les grands. Elle dit qu’ils sont " vilains " mais qu’elle courre plus vite qu’eux et qu’elle est très "  forte " . Nous l’espérons.

Elle nous appelle Papou et Maminou ! C’est joli, non ? Surtout dans sa bouche boudeuse.

  • Papou, pourquoi tu viens tous les jours au parc ? Tu es vieux pour aller au parc !

Elle nous fait rire avec ses remarques, elle s’exprime très bien pour son âge. Georges lui dit avec un air de tartine à la confiture :

  • Mais pour te voir, Clara !

Elle le regarde alors étonnée, et puis elle lui frôle la main comme pour vérifier que c’est vrai. Et lui, il est ravi. Les hommes sont beaucoup plus sensibles qu’on ne veut bien se l’imaginer. Georges aime cette gosse, c’est incroyable. Peut-être parce qu’elle est seule. Ce n’est pas de la pitié, ne vous y trompez pas ! Non, il l’aime, et Clara a tellement besoin d’amour.

L’autre jour, je lui ai offert une peluche, un lapin gris avec de très longues oreilles. La surveillante a accepté que je lui fasse ce cadeau. La petite m’a sauté au cou puis elle a embrassé Georges. Elle a dit qu’elle l’appellerait Papou et qu’il la protégerait. Donner le surnom de Georges au lapin en peluche, c’est drôle non ? Il en a été tout secoué. Il a dit : "  Cette petite a besoin d’autre chose que d’un lapin en peluche… ". Je ne sais pas à quoi il pense.

L’hiver est déjà là. Les feuilles des mûriers ont toutes disparues. Clara a grandi, son jean lui va un peu petit, je trouve. Depuis la rentrée des classes, elle vient au parc l’après-midi, alors nous aussi. De toute manière le matin, il fait trop froid.

Des fois, elle reste assise près du toboggan, elle parle avec son lapin, elle lui raconte des secrets comme elle dit. Georges semble inquiet en la regardant.

Parfois elle pleure, sans raison, et puis elle se réfugie dans un recoin du parc, son lapin contre elle.

Hier, elle est venue tout contre Georges :

  • Papou, je peux venir à ta maison ?

Il a répondu d’une voix tremblante :

  • Quand il fera beau, Clara, quand il fera beau…

" On est trop vieux pour tout ça ! j’ai expliqué à Georges, et lui m’a sourit :

  • Il n’y a pas d’âge pour aimer. Tu l’aimes Clara ?

  • Et oui je l’aime… Mais on est vieux, je te dis qu’ils ne voudront jamais nous la confier ! La procédure d’adoption est très longue, tu sais que j’ai raison !

J’étais en colère contre lui, en colère qu’il fasse germer en moi cette idée, ce parfum du bonheur, avoir Clara avec nous à la maison.

  • Alors on est d’accord ! Puisqu’ils ne voudront pas, on ne leur demandera pas, voilà tout !

Il est retourné à son émission de télévision et puis s’est endormi le sourire aux lèvres.

Le vent balaye la poussière blanche de l’allée du square. La petite se frotte les yeux avec ses poings fermés, elle lève son petit visage rose vers moi :

  • Maminou, c’est vrai ce qu’il dit Papou ? Ma maison à moi ?

La fuite commence.

La petite est entre nous deux, nous courrons tous les trois comme des enfants, elle crie en riant :

  • Courre Papou, courre !

Georges est un peu essoufflé mais il ne lâchera ni le lapin en peluche, ni la main de Clara.

Jamais.

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message de la S.R.I.B : MAIS QUI SONT CES CONS QUI ROULENT SUR MA ROUTE !

Ô TOI QUI ME LIT ! ne prend pas la route lorsque j'y suis car :

a) peut-être que je roule plus mal que toi et ne respecte ni le code la route, ni la politesse élémentaire...

b) si tu roules tu polueras notre environnement, et mettras en peril tes petits et arrières petits enfants, et leurs enfants, et leurs copains et leurs chiens, gaspilleras ton argent en produit petrolier surtaxé par qui tu sais ( ne pas le nommer , car pire que voldemort...) donc appauvri tu ne pourras leguer rien du tout à tes petits enfants et arrières petits enfants !

c) en marchant, tu feras du bien à ton système cardio vasculaire, donc evitera la crise cardiaque donc ne coutera pas cher à la sécu, donc allegera le trou de la sécu

et enfin, si tu ne prend pas ma route, je l'aurai rien que pour moi, AH ! AH !

signé un membre actif du SRIB :-))

 

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